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L'ART (SE) JOUE DE L'INSTITUTION
« Les fictions du jour sont [...] plus ambiguës
qu’ambivalentes : elles ne sont ni des mensonges, ni des
créations. Redoutables par là même, elles ne se distinguent
radicalement, ni de la vérité, ni de la réalité, mais
entendent s’y substituer. » (Marc Augé, 2000, Fictions
fin de siècle, suivi de Que se passe-t-il ? Fayard, p. 12)
La confusion entre réalité et les fictions modélisées
et amplifiées par les différents supports de communication
ne sont pas nouveau. Elle n’a toutefois jamais été
aussi présente durant ces dernières années notamment
avec le développement des mass média. Le champs de
la création n’est pas en reste et témoigne d’un transit
important de la réalité vers la fiction. Le fait d’emprunter
au réel plusieurs élément pour construire une fiction a largement
inspiré certaines pratiques créatives. Le domaine
de la littérature mais aussi du cinéma en sont des exemples
probants au point d’être regroupés sous le terme de
«fictions canoniques». L’invocation récurrente du terme
de fiction dans les arts visuels rend également compte de
cet engouement pour l’immersion fictionnelle au sein des
pratiques artistiques contemporaines. Cette démarche de
"fiction artistique" vise à troubler les systèmes de perception,
à remettre en question la vison que chacun se fait de
son environnement, de son cadre de vie et par la même
du rapport à la mémoire collective. L’un de ses paradoxes
est que tout en cherchant à témoigner des processus fictionnels
qui puisent dans les représentations factuelles,
elle cherche aussi de manière complémentaire à souligner
l’utilisation de la fiction dans la vie courante comme un acte
conscient individuel ou collectif et parfois même critique.
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